2015 en musique

Comme chaque année j’aime bien faire un bilan de l’année écoulé. A t-elle été riche en coups de cœur musicaux ? Cette année j’ai choisi de mettre en albums qui m’ont accompagné partout en  2015.

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The Shoes – Chemicals | Véritable coup de cœur de cette année, on attendait le  retour des deux rémois depuis 2011 et leur album Crack My Bones. On retrouve la voix d’Esser qui était aussi présent sur Wastin’ Time ou encore Stay The Same, mais le duo a fait appel aussi à de nouvelles collaborations comme Blaine Harrison du groupe Mystery Jets, le duo Franco anglais Postaal, Sage, Petite Noir et même Thomas Azier…S’ajoute à cet album un tout nouveau live qui ne laisse pas indifférent. Ma chanson préférée de l’album : Vortex Of Love

The Deal Weather – Dodge & Burn | S’il y a un autre groupe qui était particulièrement attendu en 2015 c’est bien celui ci. Ils faut dire que leur album précédent était sorti. C’était difficile de réunir les quatre membres, chacun ayant un emploi du temps assez chargés avec leurs groupes respectifs. Ils reviennent donc avec un quatrième album bien énervé. Amateur des riffs bien crades et de la voix enragée de la jolie Alison Mosshart seront comblés malgré l’absence de tournée. Ma chanson préférée de l’album : Open Up

The Libertines – Anthems For Doomed Youth | La première fois que j’ai entendu cet album je n’y croyais pas. Qui aurait cru que ce groupe d’Angleterre que tout le monde croyait fini allait sortir un album cette année. On s’était habitué a voir d’un côté Carl Barat avec les Jackals et Pete Doherty avec les Babyshambles. Les rares fois où on les revoyait ensemble c’était sur scène. Mais c’est d’une réconciliation qu’est né cet album été enregistré en Thaïlande. C’est l’instabilité de ce groupe et de celle des deux leader qui fait que l’album est beau. Ma chanson préférée de l’album : Dead For Love

Foals – What Went Down | 2015 marque aussi le retour de Foals avec leur quatrième album intitulé What Went Down. Produit par James Ford de Simian Mobile Disco et enregistré en France ce nouvel opus te fait passer d’une émotion à l’autre en quelques secondes. C’est désormais un peu la marque de fabrique du groupe. Ma chanson préférée de l’album : Mountain At My Gates

Rone – Creatures | Partir en voyage sans décoller de son canapé impossible me direz vous? C’est pourtant l’impression qu’on a avec ce nouvel album du français Erwan Castex alias Rone. On ne se lasse pas de son univers si particulier, sa musique à laquelle il mêle le dessin et qui fait que cet album est une véritable oeuvre d’art. De nombreuses collaborations inattendues y sont présentes je vous laisse les découvrir. Ma chanson préférée de l’album : Sing Song

Je vous laisse découvrir ces albums si ce n’est pas déjà fait ou les redécouvrir pour bien commencer cette nouvelle année. 2016 j’espère sera riche en musique.

10 reprises qui ne font pas saigner mes oreilles

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Je dois vous avouer une chose, pour moi reprendre une chanson c’est marcher sur des œufs. La plupart du temps je suis souvent déçue quand j’écoute une reprise. Mais j’ai quand même trouvé des reprises qui sont la douceur pour mes petites oreilles et j’ai donc décidé de les partager avec vous. Certaines sont plus connues que d’autres, certaines j’espère vont vous surprendre et que quand vous les entendrez vous vous direz : Tiens je ne savais pas que c’était une reprise. Voilà donc les dix reprises que j’ai choisi.

  • Cher – Bang Bang (My Baby Shot me Down) par Nancy Sinatra 
  • Dolly Parton – Jolene par The White Stripes 
  • Lio – Amoureux Solitaires par Etienne Daho 
  • Eurythmics – Sweet Dreams (Are Made of This) par Marilyn Manson
  • The Korgis – Everybody’s Gotta Learn Sometimes  par Beck
  • Alan Lomax – The House Of The Rising Sun par The Animals
  • Nirvana – Smells Like Teen Spirit par Patti Smith
  • Nine Inch Nails – Hurt par Johnny Cash
  • David Bowie – The Man Who Sold The World par Nirvana
  • Iggy Pop – The Passenger par Alison Mosshart & The Forest Rangers

Playlist Anti Saint Valentin

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Pour vous mesdemoiselles, qui resterez, en ce jour de Saint Valentin, dans votre lit à regarder des séries avec un pot de glace  et pour vous messieurs qui serez sûrement dans un bar avec d’autres amis célibataires histoire de ne pas penser à la soirée romantique que vous auriez pu avoir. Au diable les clichés débiles du célibataire pendant cette fête, Puisque qu’aucun homme ou qu’aucune femme n’a encore comblé votre cœur en cette année 2015, j’ai préparé pour vous une playlist ANTI SAINT VALENTIN. Parce qu’après tout, ce n’est qu’une fête commerciale et on a pas besoin de ça pour s’aimer, mais puisqu’il faut s’aimer, aimons nous en musique.

SND.PE VOL. 4 Melodic Mechanism – Interview de Tekilatex

A l’occasion de la sortie de la nouvelle compilation de Sound Pellegrino, Teki Latex, que l’on peut qualifier comme le patron du label à gentiment accepté de répondre à quelques questions. Dans ce nouvel opus, on pourra retrouver des artistes comme Matthias Zimmerman, Chilly Gonzales, Joe Howe, DJ Orgasmic ainsi que pleins d’autres noms.

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Tu as sorti le 19 janvier une nouvelle compilation sur Sound Pellegrino, peux-tu nous raconter un peu l’histoire de ce label dont tu es un des fondateurs ?

Sound Pellegrino a commencé comme un sous-label d’Institubes dédié à la musique de club pour que l’on puisse sortir des morceaux pour alimenter nos DJ sets et ceux des DJs du monde entier régulièrement en optant pour le tout-digital afin de réduire le temps entre la création des morceaux et leur sortie. A peu près chaque sortie était signée par un artiste différent. Aujourd’hui on sort aussi du vinyle et deux compilations par an (l’une en été et l’autre en hiver), le label est plus établi, nous avons un genre de « roster » plus défini avec un noyau dur d’artistes que nous développons au fil des sorties. La couleur musicale est futuriste, club, transversale.

Cette compilation, qu’a t-elle de différent/nouveau par rapport aux trois précédentes ?

Les thèmes des deux premières compils SND.PE (un tour d’Europe pour la première, les collaborations pour la seconde) étaient plus contextuels que musicaux. La compilation SND.PE VOL.03 se focalisait un peu sur le coté percussion de la musique qu’on aime, le volume 4 s’intéresse à la mélodie, les deux sont complémentaires.

Comment tu t’y es pris pour sélectionner les artistes qui figurent sur cette nouvelle compilation ?

Nous avons essayé de nous réconcilier avec la mélodie dans la musique électronique en sélectionnant des morceaux où la mélodie n’est pas synonyme de « dictature des sentiments » ou de « grandiloquence Emo m’as-tu vu » mais plutôt de spontanéité, de pureté, de simplicité, d’efficacité non-surjouée.

Tu as été le parrain du BPM Contest 2014. Quelle expérience tu en as tiré ?

Ça m’a permis d’aller à la rencontre du public, et des candidats, plein de jeunes producteurs talentueux et passionnés qui se bougent dans plein de villes de France, ça m’a permis de transmettre ma relative expérience.

TTC, Institubes, Sound Pellegrino, Overdrive Infinity, quel est le prochain projet de Tekil Latex ?

Là mon projet c’est de me concentrer sur ceux qui sont déjà en cours, et aussi de me passer du temps à affiner mes DJ sets, j’ai vraiment envie et besoin de prouver quelque chose avec ça, j’ai envie d’être reconnu comme un DJ qui compte, que ce soit niveau des sélections, de la technique ou de la capacité à faire danser les gens. C’est ma priorité.

Ton coup de cœur musical du moment ?

Les maxis de Dreams chez Trax Couture et Fang Lillies chez Signal Life. Si c’est pas encore sorti ça sortira bientôt. Et les démos des prochains maxis de Doline et Koyote sur Sound Pellegrino.

Merci à Teki d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. Je vous laisse vous faire un avis sur cette compilation, le lien pour l’écouter est juste en dessous.

Quoi de neuf dans le rap féminin #2

Tu as aimé cet article ou je te parlais de Reverie, Gavlyn et Oh Blimey, mais tu en veux encore, tu as encore faim de rap féminin ? Alors ce deuxième volume devrait pouvoir combler ton appétit et de renflouer ton iPod pendant un petit moment. Voici donc trois nanas qui arrivent à te mettre K.O rien qu’avec les mots.

Awkwafina

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De son vrai nom Nora Lum est une jeune rappeuse originaire de New York. Ce que j’aime chez elle c’est la dérision dans ses chansons et son humour ce qui ne l’empêche pas d’être une artiste engagée. Elle a sorti son premier album Yellow Ranger en 2014 et commence tout juste à se faire une place dans le monde du rap. Awkwafina, note bien ce nom car dans pas longtemps elle ne passera plus inaperçu.

Dominique Young Unique

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Découverte dans Tracks (merci à cette émission d’exister), cette rappeuse nous vient de Floride. Elle est connue essentiellement grâce à Earthquake faite pour le film Kick Ass 2. Des sons qui font un peu penser à ceux de M.I.A parfois. Tu prends son langage plutôt cru et sans artifices tu ajoutes à ça son look à base de vernis fluo et de talons aiguille puis tu les accompagnes d’un son électro et t’obtiens Throw It Down, ou encore Going Hard.

Rye Rye

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Et oui, encore une américaine, mais il faut dire qu’ils sont doués dans ce domaine là bas. Repérée par M.I.A, Rye Rye a fait plusieurs duos et a même tourné avec elle. Elle a la voix d’une fille de 15 ans quand on l’entends, elle a à peine 24 ans et déjà un album à son actif et ce n’est que le début.

Trois femme qui prouvent qu’il n’y a pas que les mecs qui réussissent dans le monde du rap. Maintenant courrez sur l’internet écouter ce que vous ne connaissez pas où redécouvrir ce que connaissiez et surtout partager ce que vous aimez. Je finirai avec ce titre de Rye Rye en duo avec M.I.A

Quoi de neuf dans le rap féminin

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Parce qu’il n’y a pas que des mecs dans le monde du rap, parce qu’on oublie souvent de parler des filles qui sont toutes aussi douées qu’eux. Oublions la testostérone un moment voulez vous. Voici trois nanas, pas forcément aussi connues que M.I.A mais qui amènent dans ce genre musical leur touche féminine. Trois américaines qui te mettent K.O avec leur rimes et leurs punchlines.

REVERIE

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La première s’appelle Reverie, retiens bien son nom car c’est une des figures montantes du rap féminin américain. Avec Louden elle a parcouru l’Europe cette année à la recherche de nouveaux fans. C’est à l’occasion de son Russian Roulette Tour que j’ai eu l’occasion de la voir au Ninkasi en octobre dernier. Un rap mélodique avec des compositions instrumentales aussi originales les unes que les autres,

GAVLYN

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Gavlyn, autre nouvelle coqueluche du rap américain et grande amie de Reverie, a aussi su se faire une place de choix. Avec un flow et une voix hors du commun, la petite californienne, âgée seulement de 23 ans, parcours elle aussi en ce moment l’Europe, elle sera notamment en concert à Lyon au pour la deuxième fois le 13 février prochain. Ça se passe au Marché Gare et je compte sur vous pour être présent ce jour là.

OH BLIMEY

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Oh Blimey est une rappeuse américaine elle aussi que je viens tout juste de découvrir grâce à son dernier single et vous savez quoi ? Elle sera en compagnie de Gavlyn au Marché Gare, l’occasion de vous faire votre propre idée. Un rap qui sonne un peu plus masculin que celui des deux précédentes, mais il n’en est pas moins bon. Cette jolie blonde n’a pas la langue dans sa poche et ça ne passe pas inaperçu.

Bien sûr il y a pleins d’autres rappeuses qui méritent à être connues N’hésite pas d’ailleurs à me faire découvrir toi ce que aimes dans le rap féminin. Pour finir je te laisse avec une vidéo du duo Gavlyn/Oh Blimey

2014 en musique

C’est une petite tradition, chaque année j’aime bien faire un tour d’horizon des sorties d’album. Nous sommes à un mois de franchir la porte de 2015 c’est donc pourquoi j’ai choisi dix albums qui ont été pour moi les dix albums inratables de 2014. Une année qui, je crois qu’on on peut le dire a été très riche en musique. Alors si vous êtes passés à côté c’est le moment de se rattraper.

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Sebastien Tellier – L’aventura | 2014, c’était le grand retour de Sebastien Tellier avec un album aux couleurs du Brésil à l’occasion de la coupe du monde même si cela n’a pas vraiment porté chance aux français. Un nouvel opus qui s’écoute aussi bien sur la plage avec un cocktail que devant un feu de cheminée avec un chocolat chaud. C’est album c’est le soleil, l’amour et le sable chaud réunis en 10 titres. Ma chanson préférée de l’album : Ma Calypso 

Beck – Morning Phase | Six ans que l’on avait pas entendu l’américain. Bon il y a bien eu cette idée farfelue de publier un album rien qu’avec des partitions destiné aux musiciens aguerris. Il est loin le petit génie de la pop psychédélique, c’est un tout autre univers que nous fait découvrir Beck avec ce nouvel opus, Seule sa voix si singulière et reconnaissable entre mille nous prouve bien que c’est lui. Mais l’album n’en est pas pour autant moins bon. Un petit bijou que je te conseille d’écouter avant d’aller t’endormir. Ma chanson préférée de l’album : Blue Moon

The Horrors – Luminous | C’est déjà le quatrième album du groupe anglais qui depuis Skying se tourne plus vers l’univers psychédélique. Fini l’époque rock garage que l’on a pu entendre chez eux. C’est à double tranchant pour les fans, soit on adopte le changement soit on est dans la nostalgie des premiers album. Pour ma part je trouve que c’est un style qui leur va comme un gant. Ma chanson préférée de l’album : Sleepwalk

Alt-J -This Is All Yours | Très attendu cette année, le deuxième opus de Alt-J. Il faut dire que le premier avait eu un accueil plutôt positif de la part du public. This Is All Yours est né le 22 septembre dernier. Le quatuor n’est  plus qu’un trio après le départ du bassiste du bassiste Gwil Sainsbury mais cela n’affecte en rien leur musique et le groupe continue à nous faire rêver. Ma chanson préférée : Left Hand Free

Breton – War Room Stories  | Enregistré à Berlin le nouvel opus de Breton est complètement différent du précédent, beaucoup plus pop et plus dansant mais aussi accessible à un plus large public ce qui leur permet de se faire un nom. Je défie quiconque de ne pas danser une seule fois en écoutant cet album. A noté qu’une version deluxe de l’album est sortie aussi cette année. Ma chanson préférée de l’album : Titan

Brian Jonestown Massacre – Revelation | Quatorzième album pour ce groupe que l’on ne présente plus. Un leader beaucoup plus sage qu’auparavant et ça se ressent dans ses chansons. Anton Newcombe et ses compères nous livrent un magnifique opus. Ma chanson préférée : Vad Hände Med Dem ?

Die Antwoord – Donker Mag | Ils ne font pas dans la demi mesure, leur univers plait ou dégoûte. Je veux bien sur parler de Die Antwoord qui ont sorti cette année leur troisième album. Un mélange électro/hip-hop brillant, des clips qui ne laissent pas indifférent, Ninja & Yolandi proposent même au célèbre photographe Roger Ballen de collaborer sur leur vidéo I FINK U FREEKY. Les deux sud africains savent comment étonner leur fans. Ma chanson préférée de l’album : Ugly Boy

SBTRKT – Wonder Where We Land | SBTRKT, prononcer Subtract, nous a offert sont deuxième album cette année. Difficile de discerner l’homme qui se cache sous se masque et se pseudo, un peu comme sa musique, simple, sans superflue, mystérieuse et énigmatique Ma chanson préférée de l’album : Voices In My Head

Julian Casablancas & The Voidz – Tyranny | Malgré quelques concerts par ci par là, c’est sans les Strokes, que Julian Casablancas revient sur le devant de la scène après sa participation sur l’album des Daft Punk, c’est avec son groupe The Voidz qu’il sort Tyranny, un projet complètement différent qui donne un peu plus la patate que les deux derniers album des Strokes réunis. Ma chanson préféré de l’album : Where No Eagles Fly

Cheveu – Bum | Un peu de français maintenant si vous le voulez bien. Parce non le rock français n’est pas mort les amis, le quatrième album de Cheveu en est la preuve. Alors si avec cet opus tu ne t’imagines pas 15 ans en arrière avec ta guitare et tes potes dans ton garage à vouloir composer tes premières chansons, je ne sais vraiment pas ce qu’il te faut. Ma chanson préférée de l’album : Albinos

Quelle année mes amis, et comme à chaque fois, il y aurait encore pleins d’albums que j’aurais voulu ajouter dans cette liste. Je vous dis donc à l’année prochaine, qui sait ce que cette année 2015 nous réservera cette fois.

Quelques Questions à Maelstrom

J’ai profité de la sortie son EP, Adversarial Design la semaine prochaine pour poser quelques questions au DJ nantais Maelstrom qui a gentiment accepté de répondre.

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Adversarial Design, on a l’impression d’une continuité dans cet EP. Quand tu composes est ce que tu as un concept de départ ou est ce que tes idées te viennent au fur et à mesure ?

Quand je travaille sur un EP, j’essaye de faire en sorte qu’on puisse l’écouter en entier, comme un mini-album, qu’il y ait une cohérence et une continuité entre les titres, c’est une des raisons pour lesquelles je passe beaucoup de temps sur les intros/outros, même si je sais qu’elles ne seront pas entendues dans le cadre de DJ sets. Pour ce maxi, l’idée de départ est partie de l’évolution des espèces, du fait qu’une forme de vie puisse évoluer et se transformer, faire partie d’un continuum. Je vois la création musicale de la même manière, à l’échelle de l’histoire de la musique comme dans le cadre d’un album ou d’un EP. On s’appuie sur le travail de ceux qui nous ont précédé tout en essayant d’emmener ce travail un peu plus loin, ou dans une nouvelle direction, chaque innovation est en fait souvent une évolution de quelque chose qui préexiste sous une forme différente. De la même manière, pour ce EP, chaque morceau s’appuie sur ceux qui l’entourent, et leur procure un environnement, ça fonctionne comme un écosystème. A chaque fois que je modifie un son dans un des morceaux, que je choisis d’en ajouter ou d’en retirer un de la tracklist, ça a des répercussions sur ma façon d’envisager les autres.

Est ce qu’on peut dire que cet EP marque un tournant dans ta carrière de DJ ?

C’est l’aboutissement du travail que j’ai commencé avec Zone en 2012, dans la mesure où j’ai l’impression d’avoir réussi à développer un son, une esthétique qui m’est propre au sein du label. C’est aussi sans doute la première fois que je termine un morceau techno au sens strict, et ça m’a ouvert des possibilités, des perspectives.

Tu as travaillé avec pas mal de labels (Dirty Bird, Zone, Bromance, Sound Pellegrino…) et fréquenté pas mal de clubs, raves et festivals. Qu’est ce que tu retiens de ces expériences ?

Toutes ces expériences viennent enrichir mon travail, je suis quelqu’un de curieux qui a tendance à s’ennuyer rapidement, il s’agit d’entretenir cette curiosité. J’ai envie de découvrir comment travaillent les autres, d’expérimenter. Le fait de travailler avec de nouveaux labels, de jouer dans des endroits aussi différents que le social club et une rave illégale en république tchèque, c’est ce qui me permet d’apporter quelque chose de personnel à cette musique, tout en m’évitant de me lasser ou de tourner en rond dans mon travail. D’ailleurs, ce n’est pas terminé, j’ai toujours envie de nouveaux horizons.

Ta collaboration avec Louisahhh!!! comment a t-elle démarrée ?

Avant d’arriver en France, elle venait de passer 6 mois à travailler sur des démos à LA qui n’avaient rien donné, et en en parlant avec Brodinski, il lui a suggéré de me rencontrer pour qu’on travaille ensemble. C’est une de ses nombreuses qualités, il a une très bonne lecture de ce genre de choses. Donc on a commencé à échanger par email avant son arrivée, à s’envoyer des démos, des boucles, des textes, et elle a débarqué chez moi le lendemain de son arrivée en France avec sa valise, alors qu’on ne s’était jamais vu avant. On a bouclé son premier disque pour Bromance en 5 jours, et c’était le début de notre collaboration. Malgré le fait qu’on vienne d’univers très différents, on se retrouve sur beaucoup de sujets, humainement et musicalement.

J’aime beaucoup ton travail chez Zone mais aussi les EP que tu as signé chez Expressillion et j’aimerais savoir quelles sont tes influences notamment en matière de glitch et d’IDM

J’ai écouté beaucoup de hardcore et de breakcore quand j’étais ado, et c’est par ce biais là que je suis arrivé à l’IDM et à l’electro anglaise. J’ai écouté beaucoup de Planet Mu, évidemment tout ce qui sortait de chez Warp et Rephlex : U-Ziq, Ceephax, Luke vibert, etc, mais aussi des choses plus obscures comme Delta Files ou Somatic Responses. Il y a aussi Venitian Snares qui m’a longtemps obsédé. Pour ce qui est d’Expressillon, j’ai un respect et une admiration immense pour 69DB et Cristal Distortion, qui font partie des fondateurs de Spiral Tribe. Ils ont un rapport à l’expérimentation et aux machines qui est unique, quelque chose qui s’approche du free jazz ou du bop, et qui passe aussi par une grande maîtrise technique. Je ne crois pas me souvenirs de lives techno qui m’aient plus marqués que les leurs. Aujourd’hui beaucoup de gens ont tendance à les considérer comme des artistes qui ne sont pertinents que dans le contexte de la « free-party », alors qu’ils ont eu une influence énorme sur mon travail et celui de beaucoup d’autres. Leur catalogue mériterait d’ailleurs d’être redécouvert : des disques comme « Base Support / Apocalyptic Heroes » sur Drop Bass, ou toute la série des Network 23, sont des références du genre en plus d’être des disques superbes et intemporels

Est ce que tu envisages de faire un album, as-tu d’autres projets pour plus tard ?

Pour l’instant je viens de terminer 4 nouveaux titres avec Louisahhh!!! qui verront le jour cet hiver ou en début d’année prochaine, sur différents supports. En ce moment je tourne beaucoup donc j’ai peu de temps à consacrer à mon studio, mais je fais du sound design, je travaille autour de nouvelles façons d’aborder ma musique, je verrais le moment venu quelle forme ça pourra prendre…

Merci à Maelstrom d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. A noter qu’il sera le 17 Octobre à Paris mais aussi le 31 Octobre à Brest et le 7 Novembre à Nantes. L’occasion pour vous de faire une idée de ce que cela vaut en live !

No Love Lost

© Paul Morley
© Paul Morley

Au risque de passer pour une nana dépressive et glauque, j’ai eu envie de parler de Joy Division. Ces gars-là font partie intégrante de ma petite vie maintenant. Je sais que certains ne comprendront pas pourquoi ce groupe, qui est plus qu’un groupe pour moi qu’on se le dise, me fiche des papillons dans le ventre, me fais passer d’une émotion à l’autre en vingt secondes. Moi même j’ai du mal à l’expliquer.

Quand on écrit un article sur un groupe ou un artiste en général on commence par présenter les membres, d’où ils viennent, quel genre de musique ils font. C’est tellement facile de ranger un groupe dans une catégorie, mais c’est tellement difficile de présenter Joy Division. Vous n’imaginez pas combien de fois j’ai essayé d’écrire sur eux sans y arriver. Mais voilà je n’ai pas baissé les bras.

18 mai 1980, Ian Curtis n’est plus. Ah oui c’est joyeux comme début hein. Vous me direz comment une fille de 22 ans peut elle parler d’un groupe alors qu’elle n’était même pas née ? Enfin voilà, c’est 30 ans plus tard que je découvre l’univers des  mancuniens. Au début c’était une chanson, puis deux, puis trois, puis dix, puis toute la discographie tant qu’à faire.

Mais c’est glauque ton truc !

– Comment tu peux écouter ça c’est déprimant !

Oui essayer de convertir mes amis à ce groupe n’a pas été un succès au lycée. Pourtant je commençais par les classiques, Love Will Tear Us Apart, She’s Lost Control, mais rien à faire. Alors après on se pose LA question dans ce genre de situation Est ce moi qui débloque parce que j’aime quelque chose de différent ? Ce à quoi la réponse est bien évidemment non mais quand on est au lycée on a du mal à le comprendre. Moi c’est grâce à ce groupe que j’ai compris pas mal de choses et ça peut paraître bizarre c’est vrai.

© DR
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Du coup après j’ai vu Control d’Anton Corbjin, film qui parle de la vie de Ian Curtis. J’ai vu des documentaires sur le groupe. J’ai lu les traductions des textes de leurs chansons. Mais rien y fait, cela reste totalement un mystère que tu as au début envie de comprendre et puis finalement tu te rends compte que c’est pas plus mal que cela le reste.

Oublions la polémique qu’a pu susciter leur nom et les clichés. Je crois qu’il ne sont pas appréciés pour ce qu’ils sont vraiment. la douleur et la beauté des textes, leur musique innovante, c’est ça qu’il faut retenir de ce groupe. Cet article n’a pas pour but de convertir les gens à Joy Division loin de là, c’est comme pour tous les groupes d’ailleurs.  Je dirais juste que ce groupe continue d’influencer des tas de personnes et de nous emporter dans ce Manchester crade des années 70. En tout cas moi je sais que je continuerai à écouter leurs disques encore longtemps.

Pourquoi j’ai choisi No Love Lost comme titre de l’article ? Parce que c’est pour moi LA chanson qui caractérise Joy Division. Pourquoi j’ai eu envie d’écrire sur eux ? Peut-être parce que quand Ian Curtis nous a quitté il avait 23 ans, que je vais bientôt avoir le même âge et que c’est l’âge ou on se pose des tas de questions auxquelles on n’a pas forcément de réponses. Et enfin pour l’amour de la musique.

2013 en musique

Dans quelques heures nous dirons au revoir à 2013, c’est pourquoi il est tant pour moi de faire le bilan musical de cette année. J’ai donc choisi dix albums qui m’ont marqué cette année. Mes dix albums préférés, ceux que j’écouterai encore beaucoup en attendant de voir ce que 2014 nous réserve et je mettrai avec, ma chanson préférée de chaque album. Et vous quels sont les albums que vous avez adoré cette année ?

© IAMJUSTEEN
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La Femme – Psycho Tropical Berlin | Comment parler de 2013 sans parler de La Femme, cet album est littéralement mon coup cœur de cette année. J’en suis d’autant plus fière car ils sont français. Ils savent nous ravir aussi bien dans leur musique que sur scène. Cet opus est leur premier et il sent bon les vacances, l’été, la mer, l’amour…Je conseille à tous ceux qui ne les ont pas vu encore en concert de ne pas les rater la prochaine fois qu’ils passent près de chez vous. Ma chanson préférée de l’album : Nous étions deux

Arctic Monkeys – AM | Nos quatre singes de Sheffield étaient de retour aussi cet année avec leur cinquième album, ils nous avaient promis de revenir rapidement, c’est chose faite. Cette album est dans la continuité de Suck It And See on sent que le groupe s’américanise et devient mature, comme on avait déjà pu le voir dans les deux précédents albums. Fini les adolescents qui faisaient du rock dans leur garage maintenant ce sont des grands et ils le revendiquent. Ma chanson préférée de l’album : Why’d You Only Call Me When You’re High

Nick Cave & The Bad Seeds – Push The Sky Away | Nick Cave et son groupe sortaient cette année leur quinzième album. Fidèle à lui même l’australien nous offre comme d’habitude une petite perle. J’ai même envie de citer Les Inrocks : Le nouvel album de Nick Cave, est de ceux qu’on enregistre au crépuscule. Celui de la vie : quand on toise le futur en noir avec mépris et effroi, avec une couverture chauffante sur les genoux et une guitare sèche pour chasser les démons. Il nous emmène littéralement dans un autre monde, nous transporte loin et nous raconte un monde différent du notre. Ma chanson préférée de l’album : We Know Who U R 

The Strokes – Comedown machine | Avec les Strokes on ne sait jamais a quoi s’attendre. Un jour les rumeurs comme quoi ils se séparent fusent et le jour d’après PAF, Comedown Machine sort. C’est ce que j’aime chez eux. Certains pensant que les Strokes sont finis depuis First Impressions of Earth mais moi je continue de croire en eux. Ce cinquième opus est un de mes préférés. Depuis Angles on découvre une autre facette des Strokes interessante je trouve. Ma chanson préférée de l’album : All The Time

M.I.A – Matangi  | La petite londonnienne aura eu du mal à le sortir ce quatrième album. Mais ça valait le coup. Bad Girls le single sorti en 2012 laissait déjà présager que un an après cet album serait un des meilleurs de 2013. Sa musique qui ne ressemble à aucune autre fait des milliers d’adeptes. L’electro melée aux origines de la jeune chanteuse font un très bon mélange. Ma chanson préférée de l’album : Come Walk With Me 

Jackson & His Computer Band – Glow | Jackson est une de mes découvertes de 2013. Cette année est sorti sont deuxième album Glow, huit ans après Smash. Au risque de me répéter, je dirai juste que cet album est un gros bordel, il est difficile de définir vraiment cet ovni musical. De simplement l’écouter suffit à ravir mes petites oreilles. Ma chanson préférée de l’album : Dead Living things

Gesaffelstein – Aleph |  Mike Levy plus connu sous le nom de Gesaffelstein sort cette année sont premier album Aleph. Très différent de ses EP précédents cet opus est déroutant, étonnant et surtout envoûtant. je ne vois rien de mieux que de citer l’intéressé lui même sur son album car c’est lui qui en parle le mieux : Il était hors de question d’offrir de la techno qui tabasse sans que mon univers soit déjà présent, en filigrane. Cet album s’écoute sans fin et si vous avez l’occasion d’aller le voir en live je vous le conseille forcement. Ma chanson préférée de l’album : Nameless 

David Bowie – The Next Day | Je pense qu’il n’est vraiment pas la peine de présenter cet homme qui est maintenant une légende du rock britannique. Quel bonheur donc de le retrouver cette année avec The Next Day, dix ans qu’il n’avait rien sorti, on le disait malade, on disait qu’il ne sortirai plus rien. Rien a changé, cet album nous transporte autant que les précédent. J’espère toujours pouvoir le voir en concert un jour, mais malheureusement Mr Bowie ne fait pas vraiment de tournée pour cet album. Ma chanson préférée de l’album : The Next Day

Stromae – Racine Carré | Le belge Paul Van Haver revient cet année avec son deuxième album. Il sortira d’abord le single Papaoutai, qui est un véritable succès, puis crée le buzz en simulant son ébriété dans une rue de Bruxelles pour en faire ensuite le clip de Formidable, un single qui fera beaucoup d’adepte dès sa sortie. On aime ce côté un peu fou chez Stromae, c’est ce qui fait toute sa marque de fabrique. Ma chanson préféré de l’album : Formidable

Foals – Holy Fire | 2013 c’était aussi le retour de Foals avec son troisième album Holy Fire. Cet album c’est en même temps la douceur et l’amertume mais aussi la force et la violence sans oublier la voix si particulière du chanteur et leader Yannis Philippakis. Mais pour apprécier l’expérience Foals, le mieux c’est d’aller les voir en live. Ma chanson préférée de l’album : Late Night 

Je dois vous avouer qu’il fut très difficile pour moi de choisir dix albums, car 2013 fut vraiment riche au niveau musical. Il y a tellement d’albums que j’ai aimé cette année et que j’aurais aimé mettre dans cette liste. J’espère que 2014 nous prépare pleins de surprises et j’en profite aussi pour vous souhaiter un joyeux réveillon.