SND.PE VOL. 4 Melodic Mechanism – Interview de Tekilatex

A l’occasion de la sortie de la nouvelle compilation de Sound Pellegrino, Teki Latex, que l’on peut qualifier comme le patron du label à gentiment accepté de répondre à quelques questions. Dans ce nouvel opus, on pourra retrouver des artistes comme Matthias Zimmerman, Chilly Gonzales, Joe Howe, DJ Orgasmic ainsi que pleins d’autres noms.

© DR
© DR

Tu as sorti le 19 janvier une nouvelle compilation sur Sound Pellegrino, peux-tu nous raconter un peu l’histoire de ce label dont tu es un des fondateurs ?

Sound Pellegrino a commencé comme un sous-label d’Institubes dédié à la musique de club pour que l’on puisse sortir des morceaux pour alimenter nos DJ sets et ceux des DJs du monde entier régulièrement en optant pour le tout-digital afin de réduire le temps entre la création des morceaux et leur sortie. A peu près chaque sortie était signée par un artiste différent. Aujourd’hui on sort aussi du vinyle et deux compilations par an (l’une en été et l’autre en hiver), le label est plus établi, nous avons un genre de « roster » plus défini avec un noyau dur d’artistes que nous développons au fil des sorties. La couleur musicale est futuriste, club, transversale.

Cette compilation, qu’a t-elle de différent/nouveau par rapport aux trois précédentes ?

Les thèmes des deux premières compils SND.PE (un tour d’Europe pour la première, les collaborations pour la seconde) étaient plus contextuels que musicaux. La compilation SND.PE VOL.03 se focalisait un peu sur le coté percussion de la musique qu’on aime, le volume 4 s’intéresse à la mélodie, les deux sont complémentaires.

Comment tu t’y es pris pour sélectionner les artistes qui figurent sur cette nouvelle compilation ?

Nous avons essayé de nous réconcilier avec la mélodie dans la musique électronique en sélectionnant des morceaux où la mélodie n’est pas synonyme de « dictature des sentiments » ou de « grandiloquence Emo m’as-tu vu » mais plutôt de spontanéité, de pureté, de simplicité, d’efficacité non-surjouée.

Tu as été le parrain du BPM Contest 2014. Quelle expérience tu en as tiré ?

Ça m’a permis d’aller à la rencontre du public, et des candidats, plein de jeunes producteurs talentueux et passionnés qui se bougent dans plein de villes de France, ça m’a permis de transmettre ma relative expérience.

TTC, Institubes, Sound Pellegrino, Overdrive Infinity, quel est le prochain projet de Tekil Latex ?

Là mon projet c’est de me concentrer sur ceux qui sont déjà en cours, et aussi de me passer du temps à affiner mes DJ sets, j’ai vraiment envie et besoin de prouver quelque chose avec ça, j’ai envie d’être reconnu comme un DJ qui compte, que ce soit niveau des sélections, de la technique ou de la capacité à faire danser les gens. C’est ma priorité.

Ton coup de cœur musical du moment ?

Les maxis de Dreams chez Trax Couture et Fang Lillies chez Signal Life. Si c’est pas encore sorti ça sortira bientôt. Et les démos des prochains maxis de Doline et Koyote sur Sound Pellegrino.

Merci à Teki d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. Je vous laisse vous faire un avis sur cette compilation, le lien pour l’écouter est juste en dessous.

Quelques Questions à Maelstrom

J’ai profité de la sortie son EP, Adversarial Design la semaine prochaine pour poser quelques questions au DJ nantais Maelstrom qui a gentiment accepté de répondre.

© IAMJUSTEEN
© IAMJUSTEEN

Adversarial Design, on a l’impression d’une continuité dans cet EP. Quand tu composes est ce que tu as un concept de départ ou est ce que tes idées te viennent au fur et à mesure ?

Quand je travaille sur un EP, j’essaye de faire en sorte qu’on puisse l’écouter en entier, comme un mini-album, qu’il y ait une cohérence et une continuité entre les titres, c’est une des raisons pour lesquelles je passe beaucoup de temps sur les intros/outros, même si je sais qu’elles ne seront pas entendues dans le cadre de DJ sets. Pour ce maxi, l’idée de départ est partie de l’évolution des espèces, du fait qu’une forme de vie puisse évoluer et se transformer, faire partie d’un continuum. Je vois la création musicale de la même manière, à l’échelle de l’histoire de la musique comme dans le cadre d’un album ou d’un EP. On s’appuie sur le travail de ceux qui nous ont précédé tout en essayant d’emmener ce travail un peu plus loin, ou dans une nouvelle direction, chaque innovation est en fait souvent une évolution de quelque chose qui préexiste sous une forme différente. De la même manière, pour ce EP, chaque morceau s’appuie sur ceux qui l’entourent, et leur procure un environnement, ça fonctionne comme un écosystème. A chaque fois que je modifie un son dans un des morceaux, que je choisis d’en ajouter ou d’en retirer un de la tracklist, ça a des répercussions sur ma façon d’envisager les autres.

Est ce qu’on peut dire que cet EP marque un tournant dans ta carrière de DJ ?

C’est l’aboutissement du travail que j’ai commencé avec Zone en 2012, dans la mesure où j’ai l’impression d’avoir réussi à développer un son, une esthétique qui m’est propre au sein du label. C’est aussi sans doute la première fois que je termine un morceau techno au sens strict, et ça m’a ouvert des possibilités, des perspectives.

Tu as travaillé avec pas mal de labels (Dirty Bird, Zone, Bromance, Sound Pellegrino…) et fréquenté pas mal de clubs, raves et festivals. Qu’est ce que tu retiens de ces expériences ?

Toutes ces expériences viennent enrichir mon travail, je suis quelqu’un de curieux qui a tendance à s’ennuyer rapidement, il s’agit d’entretenir cette curiosité. J’ai envie de découvrir comment travaillent les autres, d’expérimenter. Le fait de travailler avec de nouveaux labels, de jouer dans des endroits aussi différents que le social club et une rave illégale en république tchèque, c’est ce qui me permet d’apporter quelque chose de personnel à cette musique, tout en m’évitant de me lasser ou de tourner en rond dans mon travail. D’ailleurs, ce n’est pas terminé, j’ai toujours envie de nouveaux horizons.

Ta collaboration avec Louisahhh!!! comment a t-elle démarrée ?

Avant d’arriver en France, elle venait de passer 6 mois à travailler sur des démos à LA qui n’avaient rien donné, et en en parlant avec Brodinski, il lui a suggéré de me rencontrer pour qu’on travaille ensemble. C’est une de ses nombreuses qualités, il a une très bonne lecture de ce genre de choses. Donc on a commencé à échanger par email avant son arrivée, à s’envoyer des démos, des boucles, des textes, et elle a débarqué chez moi le lendemain de son arrivée en France avec sa valise, alors qu’on ne s’était jamais vu avant. On a bouclé son premier disque pour Bromance en 5 jours, et c’était le début de notre collaboration. Malgré le fait qu’on vienne d’univers très différents, on se retrouve sur beaucoup de sujets, humainement et musicalement.

J’aime beaucoup ton travail chez Zone mais aussi les EP que tu as signé chez Expressillion et j’aimerais savoir quelles sont tes influences notamment en matière de glitch et d’IDM

J’ai écouté beaucoup de hardcore et de breakcore quand j’étais ado, et c’est par ce biais là que je suis arrivé à l’IDM et à l’electro anglaise. J’ai écouté beaucoup de Planet Mu, évidemment tout ce qui sortait de chez Warp et Rephlex : U-Ziq, Ceephax, Luke vibert, etc, mais aussi des choses plus obscures comme Delta Files ou Somatic Responses. Il y a aussi Venitian Snares qui m’a longtemps obsédé. Pour ce qui est d’Expressillon, j’ai un respect et une admiration immense pour 69DB et Cristal Distortion, qui font partie des fondateurs de Spiral Tribe. Ils ont un rapport à l’expérimentation et aux machines qui est unique, quelque chose qui s’approche du free jazz ou du bop, et qui passe aussi par une grande maîtrise technique. Je ne crois pas me souvenirs de lives techno qui m’aient plus marqués que les leurs. Aujourd’hui beaucoup de gens ont tendance à les considérer comme des artistes qui ne sont pertinents que dans le contexte de la « free-party », alors qu’ils ont eu une influence énorme sur mon travail et celui de beaucoup d’autres. Leur catalogue mériterait d’ailleurs d’être redécouvert : des disques comme « Base Support / Apocalyptic Heroes » sur Drop Bass, ou toute la série des Network 23, sont des références du genre en plus d’être des disques superbes et intemporels

Est ce que tu envisages de faire un album, as-tu d’autres projets pour plus tard ?

Pour l’instant je viens de terminer 4 nouveaux titres avec Louisahhh!!! qui verront le jour cet hiver ou en début d’année prochaine, sur différents supports. En ce moment je tourne beaucoup donc j’ai peu de temps à consacrer à mon studio, mais je fais du sound design, je travaille autour de nouvelles façons d’aborder ma musique, je verrais le moment venu quelle forme ça pourra prendre…

Merci à Maelstrom d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. A noter qu’il sera le 17 Octobre à Paris mais aussi le 31 Octobre à Brest et le 7 Novembre à Nantes. L’occasion pour vous de faire une idée de ce que cela vaut en live !